Profil de Grimpeur |
Top 5 - Parois/Montagnes |
|

|
Nom: Charles Roberge
Âge: 17 ans
Lieu de résidence: St-Jean-Chrysostôme (Lévis)
Grimpe depuis: 2003 mais à "temps plein" depuis 2005
|
|
Mont Everest, 8850m, Népal: parce qu'elle représente mon but en tant qu'alpiniste
K2, 8611m, Pakistan: parce qu'elle représenterait ma plus belle réalisation dans ma carrière
Lac Long, Portneuf: mon spot préféré à cause de tout les styles de grimpe et du paysage qu'elle offre
Palissades, Charlevoix: Des multi-pitchs dalleux assez longs pour passer une journée complète
Dôme, Charlevoix: Des délices de "champignons de roche" hauts de 200 mètres
|
|
Depuis combien de temps grimpes-tu et qu'est-ce qui t'a emmené à la grimpe? |

Je grimpe depuis 4 ans à peu près mais 2 ans et demi à "temps plein". À mes deux premières années en grimpe, je grimpais que quelques fois à l'intérieur par année et pas plus que ça. Depuis 2005, je grimpe régulièrement et j'ai réussi à passer d'une saison complète sans grimpe à un trois semaines sans grimpe. Ce qui m'a amené à l'escalade, cela commence avec l'histoire de l'Everest (voir question #3 pour le début de l'histoire). Par la suite, étant donné que j'avais le vertige à cette époque, ma première étape était de le vaincre. Lors d'une journée au PEPS, je me suis donné un bon coup de pied au derrière (mentalement parlant bien sûr parce que je ne suis pas tellement souple) et j'ai réussi pour la première fois à grimper jusqu'en haut sans avoir peur. Durant mes premières progressions, je pensais sans cesse à l'Everest en me disant que si je me rends pas jusqu'en haut, je peux tout oublier. Et en 2005, j'ai découvert l'escalade de glace au Festiglace. Je me souviens que j'avais tellement eu mal au bras à la fin de la journée mais que j'étais émerveillé.
|
Quels styles de grimpe pratiques-tu et lequel préfères-tu? |
Durant ma saison préférée qu'est l'hiver, je fais beaucoup d'alpinisme en solitaire (même si je n'aime pas vraiment grimper tout seul) sur la montagne Montmorency. C'est pour développer mon expérience et ma force physique en transportant avec moi une certaine charge. Aussi, je trippe à mort sur l'escalade de glace. Lorsque je grimpe en glace, tout mes sens sont en alerte, ma concentration au maximum et l'équilibre intérieure en harmonie... Bref, j'ai l'impression de flotter et l'épuisement est chassée par la fébrilité et l'adrénaline. C'est pourquoi l'escalade de glace est ma discipline préférée.
Durant la saison chaude, je n'ai fait que du multi-pitch en trad comme c'était le cas cet été. Je fais un peu de sport mais je n'aime pas tant que ça car ça me rapproche pas assez de la montagne. En trad, j'aime seconder dans des voies de niveau modérées afin de bien savoir ce que c'est un bon placement de pro et d'améliorer ma gestuelle. Cet été, j'ai réussi à leader l'Initiation au Dôme (5.4) avec succès. J'étais très fier de moi car la dernière fois que j'ai leadé en trad, ça s'est mal terminé (c'est une trop longue histoire). Cela m'a redonné de la confiance en soi. Depuis que j'ai fait mon premier vrai lead, j'aime de plus en plus la roche (pas autant que la glace héhé) car c'est plate parfois de se faire traîner en second sur des trucs aussi spectaculaires. Mais bon, pour bien leader en trad, il faut savoir bien seconder. Aussi, j'aime quand la roche me rapproche de la montagne, ce qui n'est pas toujours le cas sauf en multi-pitch en trad. J'ai fait de l'artif une fois, j'ai trouvé ça plaisant tant que mon assureur était patient.
|
Tu nourris une passion pour la haute montagne je crois? Parle-moi un peu d'où te provient-elle? |
Top 5 - Voies |
Il faut savoir qu'avant l'été 2003, je détestais faire de la randonnée et j'avais tellement le vertige. C'était en août 2003 et j'étais chez mon meilleur ami, nous écoutions les nouvelles et on parlait de la mort tragique du premier Québécois qui a foulé le sommet de l'Everest Yves Laforest dans un accident de kayak dans les Rocheuses Canadiennes. C'était rendu qu'on parlait de l'Everest et il y avait des images de la montagne à la télé et c'est là que ma vie a changé. Dans ma tête, je me suis dit: "Wow! L'Everest!". Il y a deux secondes, je détestais les montagnes et deux secondes plus tard, la montagne représentait, représente encore et représentera à jamais ma vie. C'était un vrai coup de foudre inexplicable. Voilà maintenant 4 belles années que l'Everest remplit mes pensées. Et avec le temps et la recherche, j'ai fini par développer un intérêt pour la haute-montagne et par la suite, de l'attirance pour l'escalade.
|
|
Fougère à me plaire, 5.8, Lac Long: un mot - WOW!
La Renversée, 5.9+, Kamouraska: mon plus beau dévers à vie
La Granuleuse, 5.6, Palissades: une belle première pour moi
Tache Blanche, 5.10, Dôme: ma première 5.10 à vie, des mono-doigts et de l'adhérence à volonté
Let's go, 5.8, Lac Long: pour les amateurs de belles dalles verticales
|
|
Quels sommets aimerais-tu réaliser plus que tout autre et pourquoi? |
Premièrement, je dirais l'Everest car c'est mon plus grand rêve de tenter son sommet (et non de vouloir à tout prix son sommet). Et on s'entend pour dire qu'un rêve n'est pas fait pour être rêvé mais bien pour être réalisé. Pourquoi l'Everest? C'est simple, c'est la plus haute montagne de la planète. Je veux toucher le vrai ciel, respirer l'air pur qu'il y a là-haut et surtout, de regarder le soleil se lever sur notre planète. Après avoir lu ces phrases, certains riront de moi car c'est un cliché et que je veux grimper une montagne à "touristes", ils ont bien le droit de rire de moi mais ils doivent savoir que c'est mon rêve comme si une personne rêvait de rencontrer Elvis.
J'aimerais aussi grimper le K2, pas nécessairement dans le but d'en devenir le premier Québécois au sommet de la montagne. Je veux plutôt goûter à son danger, à ses pentes très abruptes, à ses paysages incroyables et surtout, d'admirer les dimensions titanesques de la montagne. Avant, cette montagne était un cauchemar pour moi mais avec le temps, elle est devenue un deuxième rêve.
L'été prochain, je dois absolument grimper (au risque de me faire placer dans un asile) plusieurs montagnes classiques dans les Rocheuses Canadiennes comme le Robson, le Columbia et Assiniboine.
|
Tu as un handicape - la surdité - est-ce que cette réalité influence tes performance ou ta sécurité en paroi? Comment compenses-tu cet obstacle communicatif en parois? |
C'est une question à laquelle je suis content de répondre car il est important pour moi que les gens sachent comment je me débrouille avec mon handicap. Côté performance, ce n'est pas une simple surdité qui m'empêcherait de péter des scores car ma force physique n'en est pas vraiment affectée. Mais pour la sécurité, c'est là que tout se joue car lorsque je ne vois plus le leader qui est au relais d'une voie, il faut utiliser un système de coup de corde pour communiquer entre nous. La séquence est : le leader donne deux bons coups de corde, ce qui veut dire qu'il est auto-assuré et moi, je lui renvoie deux autres coups de corde pour dire qu'il est désassuré. Lorsque je peux aller rejoindre le premier, il me redonne deux autres bons coups de corde. Cela peut sembler compliquer mais c'est autant efficace que des walkies-talkies. Par contre, je peux confondre les coups de corde à du "donne-moi du mou" et je me demande par la suite si je peux enlever mon reverso. C'est ce qui peut être dangereux. Mais lorsqu'on est une cordée de trois, je n'ai pas besoin de ce système car la personne qui est avec moi au relais me dit ce que le leader dit lorsqu'il est plus haut. Peu importe, j'aime autant grimper à trois qu'à deux.
|
Déjà eu des fait cocasses où des épopées de grimpes? Si oui, raconte un peu... |
Au début août, c'était la deuxième fois que j'allais au Dôme et j'étais en compagnie de Jasmin F. et Hugo D. cette fois. Nous avons grimpé une voie tout juste à droite de la Voie d'évitement qu'on ne connaissait pas. Après s'être rendu en haut et avoir mangé, nous rappelons sans problème jusqu'à la dernière station de rappel. En tirant la corde, nous constatons qu'elle est restée prise à cause du nœud de si-jamais-je-me-plante-en-rappel. Merde! Heureusement que nous avions assez de corde pour descendre les 20 mètres qui restaient. Par la suite, Jasmin et Hugo sont repartis chercher la corde tandis que moi, j'ai pris la sage décision de rester en bas, question de faire économiser du temps aux autres. Je ne savais pas que ce serait aussi long d'attendre et ce fut pénible pour moi d'attendre pendant 7 heures environs dont au moins 4 heures d'angoisse car je ne voyais plus les autres. J'avais un beau paysage devant moi mais je me sentais si seul sans compter le froid, la pluie et la noirceur arrivaient. Quelle joie de revoir les deux gars descendre en rappel et j'ai pris le soin de leur dire de pas oublier le nœud (!). Nous étions affamés par la suite. Vive les pizzerias à Baie St-Paul!
|
Ta plus grande inspiration dans le monde de la grimpe ou de la montagne et pourquoi? |
Pour l'escalade , j'admirais beaucoup Harald Berger pour son talent. Il m'impressionnait énormément avec ses prouesses dans le vide. C'était comme un Superman pour un jeune comme moi, voilà pourquoi. C'est avec consternation que j'ai appris son décès.
Il y a aussi un bon gars, qui n'est pas nécessairement connu mais j'apprécie beaucoup car j'ai appris énormément en sa compagnie, il s'agit de Arian Manchego (affectueusement appelé Ot-Doy). Peut-être qu'il pense que je le prends pour un mentor mais il reste un des mes meilleurs potes de grimpe pour moi avant tout.
Pour l'alpinisme, j'ai la chance d'avoir comme modèle Maxime Jean. Je vise les mêmes buts qu'il a visés et c'est ce que j'aime le plus. Il me donne plein de conseil et Maxime m'a apporté que de bonnes choses dans ma carrière de grimpeur. C'est le premier conquérant de l'Everest que j'ai rencontré dans ma vie et restera pour toujours mon idole.
En bref, j'ai plein d'amis et amies qui grimpent fort ou pas qui m'inspirent tant et je leur en suis reconnaissants.
|
Jamais sans...? |
Mes membres (ben ceux qui servent à la grimpe, j'ai pas besoin des autres. Hahaha!). En fait, je n'ai pas vraiment d'objet fétiche mais dernièrement, j'ai appris qu'il était une bonne chose d'amener du papier toilette lorsque je pars en montagne.
|
| Retour à la page d'index / Back to index page |
|
|
|
|