Profil de Grimpeuse
Top 5 - Parois/Montagnes

Nom: Emilie Nadeau

Âge: 28 ans

Lieu de résidence: Verdun (mais de Rimouski)

Grimpe depuis: ± 2001

El Potrero Chico, Mexico: Du face, du face, du face!!
Squamish: Wow!
Kamouraska: Pour le fleuve...
Les Grands Jardins: La vue, le trad, la tranquilité
Orford: Face, encore du face!

 

Depuis combien de temps grimpes-tu et qu'est-ce qui t'a emmené à la grimpe?

Ca m'a toujours attirée... Et j'ai toujours grimpé partout. Toute jeune, je montais me cacher au-dessus du frigo. Et je grimpais toujours aux arbres ! Mais ca n'a été qu'à l'Université que j'ai pris des cours d'escalade avec des amis. Ca a été tout de suite la piqûre ! Je grimpe depuis maintenant à peu près 7 ans, parfois intensément, parfois moins.

 

Quels styles de grimpe pratiques-tu et lequel préfères-tu?

J'ai un parcours très classique : moulinette puis premier de cordée à l'intérieur, plusieurs années de sport à l'extérieur, de la glace parfois lorsqu'on m'invite, et depuis cette année le trad. J'adore ca ! Ca m'a pris plusieurs années avant de sentir le besoin d'essayer cette pratique. Mais je crois maintenant que c'est le plus beau croisement entre l'escalade et la randonnée. J'aime que mes journées d'escalade soit comme une expédition, j'adore les multi-pitchs. Le trad me donne beaucoup plus de liberté de ce côté. Et puis, je l'avoue, ca fait ressortir mon petit côté ingénieur-mécanicien-bricoleur: j'adore jouer avec mon rack, même dans mon salon!

En plus, le trad m'a donné la possibilité de découvrir plusieurs nouveaux sites, entre autres les Gunks, Cathedral Ledge et les Adirondack. Mais surtout, j'en ai profité cet été pour aller me pratiquer à Squamish, j'ai vu de si belles craques ! Quelques unes me sont restées en tête, il va falloir y retourner !

 

Lors de tes premiers pas en TRAD, tu t'es ramassé la tête à l'envers, n'est-ce pas?
Top 5 - Voies

Malheureusement, ce n'était pas ma première chute la tête à l'envers ! Je me souviendrais longtemps de ma chute dans War and Peace à Rumney. En fin de journée, lors d'une de mes premières sorties de premier de cordée dehors, j'ai fait une chute d'au moins 20pi juste avant le relais, la tête en bas… Ca m'a pris 2 ans suite à cela à retrouver ma tête. Ca m'est arrivé de pleurer juste en regardant la voie, tellement j'ai été traumatisée… Mais je vais toujours me souvenir de cette fois ou j'ai enfin refait cette voie : j'en pleurais de joie ! Comme de quoi, il ne faut jamais abandonner.

Aujourd'hui, ma tête est de retour, et j'ai toujours autant de plaisirs à grimper ! J'ai même fait cette chute, lors de ma 1ere " vraie " grimpe en trad à Val-David. En sortant d'un toit dans une 5.8, le pied m'a glissé, les pieds m'ont tapé sur la vire plus bas, et j'ai basculé par en arrière pour faire une belle chute la tête en bas. Hé bien, ma pro a bien tenue (je l'avais doublée, au cas…) et je suis repartie. J'ai finie fièrement ma voie et la saison de trad a continuée. Heureusement...

 

Exasperator, 10a, Squamish
The Junco, 5.8+, Rumney
Le monde à l'envers, 11a, Kamouraska
British invasion, 12a, Potrero
Tropicana, 11a, Rumney

 

Je sais que t'es aussi allé à l'Aconcagua il y a quelques années. Parles-nous de ce voyage...

Je suis parti à l'Aconcagua avec 5 gars en janvier 2004. Pour la plupart, c'était notre cadeau de fin de bacc. Nous avons passé 18 jours sur la montagne, par la Traverse des polonais. Je savais déjà que j'aimais la randonnée, mais ca me l'a confirmé : j'aime les longues randonnées ! 18 jours en montagne avec 5 gars qui puent (et qui pètent dans la tente), et j'ai adoré ca! Le " beat " est quand même assez relax, puisque comme il s'agit d'une montagne en altitude (le sommet culmine à près de 7000m), il y a de nombreuses journées d'acclimatation. Des journées à jouer aux cartes et boire de l'eau. C'est à ce moment que c'est bien apprécié d'être un petit groupe ! D'autres journées sont très exigeantes. J'ai d'ailleurs voulu abandonner quelques fois… mais la fin de la journée était toujours plus proche que je le croyais. Et puis, un coucher de soleil sur la neige au camp 1, ou des éclairs en-dessous de nous, plus bas dans la vallée, alors qu'on commence l'ascension du sommet dans le noir, ca vaut tous les désagréments...

Et la question qui tue… As-tu fait le sommet ? Malheureusement non. Deux gars de notre groupe s'y sont rendus. De mon côté, mon partenaire a souffert du mal des montagnes très tôt la dernière journée. J'ai donc continué avec quelqu'un d'autre, mais je n'étais pas aussi à l'aise. De plus, il avait neigé beaucoup les journées précédentes, alors la marche était difficile. J'ai donc rebroussé chemin à 6400m. Je le regrette un peu, mais quand je repense aux gens que nous avons vu qui avaient poussés les limites un peu trop loin, titubant, tombant à tous les 5m, et tellement désorientés qu'ils ne pouvaient même pas nous dire de quelle couleur est leur tente, je suis contente de ma décision.

 

Tu as voyagé un peu partout pour la grimpe. Quel voyage est le plus mémorable et pourquoi?

Mon plus beau voyage a plutôt été pour l'alpinisme, en Alaska à l'été 2004 avec un copain. Particulièrement, une boucle de 5 jours dans les Chugach Mountain. Il y avait de tout au menu… Randonnée dans les vallées, marcher encordé et dormir sur un glacier à flanc de montagne, traverser des crevasses, escalader des cols, grimper du 5.0 et même la première ascension d'un pic! Nous l'avons baptisé Wee-wee peak (voisin du Mont Robinson). C'était très exigeant, des journées de marches de plus de 12hrs, mais tellement magique!

 

Tu as un 4 mois sans solde qui s'en vient. Parles-nous un peu de tes projets pour cette période...

Je viens tout justement d'acheter un aller-simple pour la Nouvelle-Zélande ! Le reste suivra… Je prends un congé sans solde de 4 mois pour voyager. Je vais y mélanger mes 2 passions : la grimpe et le trekking. Mon plan est de visiter la Nouvelle-Zélande et l'Asie du Sud-est. J'entrevois déjà manquer de temps… Je ne sais pas comment je vais faire pour me limiter à un seul trek au Népal ! Ca fait longtemps que je rêve du tour de l'Annapurna. Sans parler que je me réserve un bon 2 semaines pour grimper en Thaïlande. D'ailleurs, si vous êtes là vers la fin février-début mars, faites moi signe, je vais me chercher des partners ! Mais le but de ce voyage n'est pas la grimpe, ni le trek : c'est plutôt d'apprendre à voyager seule, à passer par-dessus cette peur que j'ai parfois de m'intégrer à de nouveaux gens. Ce sera sûrement une très belle expérience au plan personnel.

 

Des faits cocasses ou remarquables liés à la grimpe que t'aimerai partager?

Haha! Cet hiver à Potrero, avec mon amie Andrée-Anne, nous avons décidé de dormir en paroi. Time Wave Zero est une voie de 24 longueurs en sport. Après 12 pitchs, il y a un ledge suffisamment grand pour y dormir. Alors " juste pour le fun ", nous sommes partis avec des sac-à-dos un peu lourds et avons souffert le martyr au gros soleil durant 12 pitchs pour finalement s'installer sur notre petit ledge, bien contente, à admirer le superbe paysage. Seul hic, il s'est mis à pleuvoir dès le couché du soleil… Nous avons donc passé la nuit sous la pluie, dans nos sleepings en duvet, camouflées sous une couverte de survie en aluminium (une pour 2 !) pour se protéger de la pluie. On n'a pas beaucoup dormi, c'était tellement humide !! Mais on a beaucoup rit… Et on a rappelé 12 pitchs sous la pluie le lendemain.

Avec Andrée-Anne et moi, chaque sortie est accompagnée d'une épopée...

 

Ta plus grande inspiration, ou le/la grimpeur(se) qui te motive le plus?

Une gang de filles qui grimpe maintenant à André-Laurendeau : Annie-Claude, Claudia, Karine, Martine et Nadine. Bien que je grimpe souvent avec elles, et même qu'on se côtoie en dehors de l'escalade, ces filles là restent mon inspiration ! Je veux être comme elles! Elles sont bonnes, elles sont belles, gentilles et toujours motivées.

Longtemps, j'ai été la seule fille dans une gang de gars à grimper. C'était bien différent. Wow, en arrivant à Montréal (j'étais à Sherbrooke avant), j'ai rencontré tout un autre univers de grimpeurs. Et surtout de grimpeuses ! C'est très agréable, et surtout moins intimidant. C'est une dynamique vraiment stimulante.

 

Tu ne pars jamais sans quoi?

Ma machine à pipi ! (Freshette… Pratique en rando au-dessus de la limite des arbres, et en escalade pour ne pas enlever son harnais!)

 

Le voyage de grimpe que je rêve de faire?

Les Bugaboos. J'aimerais vraiment y aller pour pouvoir jumeler escalade, alpinisme et randonnée!

 

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